Est-il possible d’obtenir des personnages virtuels capables d’expressions sincères, intenses et subtiles?…
et pourquoi vous devriez être intéressé (Communiqué de presse)
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Sujet : Rencontre avec Kyra, une jeune actrice virtuelle à sentientpixels.com
En effet, pourquoi ce sujet mérite-t-il votre attention?
Parce que Kyra est un démo dans le nouveau médium Cinéma numérique réaliste qui veut prouver que c’est possible.
Le cinéma numérique (aussi appelé faussement 3D ou CG) est apparu il y a quelques années avec la présentation de Final Fantasy – The Spirits Within, mais depuis, ce cinéma a littéralement été ignoré. Le cinéma numérique est un développement important qui est pratiquement passé inaperçu. Bien sûr, les gens du milieu en parlent, mais le grand public est à peine conscient de son existence et n’a pas la moindre idée de ce que c’est réellement.
Le cinéma numérique réaliste est plus qu’une simple curiosité technique; c’est la naissance d’un tout nouveau médium.
Ce n’est pas de l’animation.
Ce n’est pas du cinéma traditionnel.
Ce n’est pas simplement d’excellents effets spéciaux ou des monstres étranges.
C’est une toute nouvelle réalité!!!
Mon point de vue sur ce médium
Venant du cinéma traditionnel, j’ai passé les quelques dernières années à explorer les possibilités extraordinaires de ce nouveau mode d’expression. D’après moi, c’est tout simplement la liberté totale. Les progrès du cinéma au cours de son siècle d’existence, visaient un seul objectif : maîtriser ce que le spectateur voit et entend pour mieux communiquer ce que les auteurs désirent exprimer. De Griffith, Gance et Eisenstein, en passant par Welles et Kurosawa, jusqu’à Spielberg, Lucas, Scott, Jackson et Cameron, artistes et techniciens ont contribué à l’avancement des différents aspects du cinéma : la mise en scène, la cinématographie, le montage, le maquillage et le costume, les décors, les effets spéciaux et le son. Ces développements ont servi à faire de formidables progrès, mais maintenant, il y a un nouveau médium : le cinéma numérique réaliste.
Avec le cinéma numérique, il est possible de maîtriser absolument tout. Un cinéaste peut entièrement refaire une réalité à partir de sa seule imagination.
Pour un réalisateur, c’est à la fois terrifiant et incroyablement passionnant. Jusqu’à maintenant, seulement quelques audacieux s’y sont attaqués. Pour leur courage, Sakaguchi et Zemekis et leurs producteurs méritent une admiration sincère.
Cependant, il faudrait qu’il y ait plus de réalisateurs et de producteurs qui entrent dans le jeu. Il faudrait faire un plus grand nombre de films… et des succès commerciaux pour que le public prenne vraiment conscience de ce nouveau médium.
Nous commençons seulement à découvrir les possibilités illimitées du cinéma virtuel.
Oui, il a ressuscité les dinosaures.
Oui, il a créé des mondes fantaisistes et des créatures bizarres.
Oui, il a réalisé d’incroyables effets spéciaux.
Mais nous n’avons encore qu’effleuré ses possibilités.
Il nous faudrait d’excellents scénarios. Cela va sans dire!
Il nous faudrait des concepts originaux.
Mais ce qui est encore plus important, il nous faudrait des personnages virtuels plus complexes, plus subtils et plus intéressants.
Quand on arrivera à créer des êtres humains vrais, le médium éclatera.
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Le but de ce démo
Mon intention lors de cette première incursion dans le domaine numérique, a été de créer un personnage réaliste avec des émotions. J’ai essayé de ne pas tricher et j’ai choisi de créer une jeune femme (parce que c’est plus difficile que de créer des hommes et des personnes âgées étant donné qu’il y a moins de rides pour cacher les défauts), de la concevoir comme une fille ordinaire (sans maquillage outrancier ni de longues jambes jusque là), de la mettre dans une situation quotidienne (encore une, fois plus difficile que des situations fantaisistes parce que le spectateur a davantage de points de comparaison), de la filmer en gros plan et bien éclairée (pas de faux-fuyant dans le noir) et d’écrire un scénario qui lui permette de passer à travers une gamme d’émotions dans un court laps de temps (un vrai rôle). Ces partis pris n’étaient pas une bravade gratuite. J’essayais de savoir jusqu’où il m’était possible d’aller dans la création d’un humain crédible.
Ce que j’ai appris
Ce court démo m’a donné l’occasion de passer à travers le processus complet d’une grande production (mis à part les effets spéciaux). Certes, c’est un médium exigeant. J’ai pris plusieurs mauvais virages, quelques-uns à cause de mon inexpérience dans ce médium, d’autres imposés par mes ressources limitées. Mais j’ai appris beaucoup. J’ai eu l’occasion d’étudier les méthodes de travail existantes (les très efficaces autant que celles qui ne sont pas encore au point). J’ai compris l’importance d’un plan de travail bien structuré et j’ai déterminé quels sont les outils nécessaires à chaque artiste et technicien pour faire le meilleur travail possible, c’est-à-dire des objectifs clairs, de la documentation visuelle appropriée, un logiciel efficace et suffisamment de puissance informatique.
Et je sais aussi maintenant combien il est crucial de valider les personnages principaux avant d’entreprendre la production.
Le débat technologique
Une chose m’apparaît évidente, c’est que la qualité ne viendra pas automatiquement par à une technologie supérieure. Ce que la technologie nous apporte, ce sont de meilleurs outils : un « feedback » plus immédiat dans la modélisation, la création de la texture, l’éclairage et l’animation… et un jour, espérons-le, une meilleure, plus simple, plus discrète et plus précise capture de mouvements.
Mais une meilleure technologie uniquement ne créera jamais des humains plus réalistes, des émotions plus vraies, des mouvements plus expressifs ni plus d’intensité dramatique. Seuls des techniciens compétents et des artistes de talent peuvent faire ça.
Modélisation et texture
Il y a beaucoup à gagner à ne pas utiliser le « scanning » des vedettes de cinéma et à accepter l’idée qu’il est plus créateur de concevoir ses propres personnages. On peut alors de choisir l’apparence du personnage. Au cinéma traditionnel, l’apparence joue un grand rôle. Combien de belles jeunes filles et de beaux jeunes hommes, souvent acteurs de second ordre, ont fait une carrière basée uniquement sur leur apparence. Dans le cinéma numérique, on a l’avantage d’utiliser un acteur de talent qui répond aux exigences du scénario sans avoir à se préoccuper de son physique.
C'est un processus fascinant de créer des visages humains avec leur multitude de variations subtiles et captivantes. Pour y arriver, il y a d’innombrables choix à faire : variantes dans les proportions, degrés de symétrie, rides d’expression, imperfections de la peau, etc. Pour donner aux humains virtuels leur personnalité et leur charme, il faut faire des choix imaginatifs et intéressants qui permettront de s’éloigner des stéréotypes à la Ken et Barbie.
Avec l'importance des nouveaux médiums haute définition (télé HD, Imax et autres), les spectateurs deviendront plus critiques et s’attendront à des personnages beaucoup plus réels et non des personnages trop maquillés, flous ou filtrés exagérément.
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« Rigging » (blendshapes, bones, clusters, etc.)
Avant de commencer l’animation, il y a le « rigging ». C’est la façon d’insuffler la vie au personnage et c'est la base de l’expression de sa personnalité et de son âme. Un personnage sans un bon rigging serait un comédien sans talent . Un bon rigging crée le charme essentiel à tout personnage, qu’il s’agisse d’une jolie fille, d’un héro ou d’un ennemi détestable. Il faut consacrer beaucoup d’attention, de créativité et de minutie pour s’assurer que chaque tressaillement de chaque muscle révèle la personnalité du personnage.
Acteurs ou animation?
Ce choix a toujours été très clair pour moi. Si on veut des caricatures, il faut aller vers l’animation. Mais si on désire des personnages réalistes avec de la profondeur, seuls des acteurs de talent, expressifs et imaginatifs sauront rendre de vrais personnages.
Ce qu’un acteur de talent apporte à l’interprétation d’un rôle, c’est la sincérité, le rythme, l’intensité, les intonations, les hésitations naturelles, la créativité, l’imagination, l’invention et la vie. Pouvoir intérioriser des pensées et des émotions et les laisser s'exprimer naturellement tout en contrôlant leur interprétation est un tour de force psychologique complexe qu’il est impossible d’analyser ou de reproduire. Au cinéma virtuel, l’interprétation au moment de la capture de mouvements ou des expressions faciales n’a rien à voir avec l’apparence physique. C’est l’interprétation qui compte.
Un autre facteur entre en ligne de compte quand on applique une interprétation à un personnage dont la morphologie diffère de celle de l’acteur. Il faut faire une « traduction », ce qui est un processus complexe. Il faut conserver la qualité de l’interprétation, mais il faut l’adapter à la personnalité du personnage. Défi intéressant!
Si je parais passionné pour le cinéma numérique réaliste, c’est que je le suis. Je crois vraiment que le médium deviendra un art à part entière et occupera une place importante dans l’industrie du spectacle.
C’était mon premier essai dans ce nouveau moyen d’expression et j'ose croire que c’est un pas dans la bonne direction, mais il y a encore beaucoup à faire et j’aimerais poursuivre et raffiner ce travail. Bon… je suppose qu’il est maintenant temps de prouver ce que j’avance. Visitez
sentientpixels.com, prenez quelques minutes, rencontrez Kyra… et laissez-moi savoir ce que vous en pensez.
Jean Lafleur
Canada 514-848-0810